Dans le domaine du développement, comme ailleurs sans doute, construire solidement, c’est capital. Viser à l’autonomie d’un groupement ou d’un village nécessite en effet une vision à long terme. 

Pour Malem-Auder, cette volonté de pérennisation a toujours été présente et, au fil du temps, nous avons appris à prendre du temps pour étayer nos projets, pour leur donner toutes les chances de vivre longtemps et bien!

Concrètement, cela veut dire qu’à partir du moment où nous faisons connaissance avec un groupement ou un village, commence une période plus ou moins longue où chaque partenaire doit bien appréhender les spécificités de l’autre…. Quelles sont ses compétences? Quels sont ses moyens? Quelles sont ses forces et ses faiblesses? Est-il fiable? Son environnement est-il propice? La demande correspond-elle à un besoin identifié? 

Si on prend l’exemple du projet Jaapo Liguey , du nom d’un groupement féminin de Malem-Thérigne, il y a 5 ans que Malem-Auder a fait connaissance avec le village et ses différentes composantes sociales (école, chef du village, association des jeunes,…). Les premières rencontres ont permis de déterminer les besoins exprimés et les ressources existantes. Les personnes présentes aux réunions ont aussi pu déterminer quel type de partenaire est Malem-Auder : sa méthode, ses exigences, ses moyens,… 

Fin 2017, un groupement, Jaapo Liguey a contacté M. Mamadou Diop, directeur de l’école de Malem-Thérigne mais aussi membre actif de l’association, pour étudier avec lui les possibilités d’un partenariat.

Durant les 6 premiers mois de 2018, les responsables de l’association ont rencontré à plusieurs reprises le groupement pour déterminer les axes du future projet et rédiger ses grandes lignes. C’est à ce moment qu’il faut mettre en adéquation les besoins exprimés avec les priorités de Malem-Auder. Par exemple : d’une part, le groupement exprime l’envie de s’essayer dans l’élevage avicole; d’autre part, Malem-Auder veut poursuivre la vulgarisation de la voûte nubienne. Le projet va donc mettre en place un poulailler en voûte nubienne.

Un autre élément doit être pris en compte : les responsables belge de l’association, dans la mesure du possible doivent, eux aussi, faire connaissance avec le partenaire En effet, le plus souvent c’est à eux qu’incombe la recherche d’un bailleur de fonds. Il est donc capital de montrer qu’il y a réelle maîtrise du sujet, tant au Sénégal qu’en Belgique.

Une fois que les divers aspects du projet font l’objet d’un consensus, un dossier précis et chiffré doit être rédigé pour que l’on puisse, en Belgique, débuter la recherche des fonds. 

En fonction de ces recherches, le partenaire doit être tenu au courant des délais nécessaires. Il faut en effet que le groupement comprenne bien que, si les travaux de réalisation ne démarrent pas directement, c’est en lien direct avec cette recherche de fonds. La confiance entre l’association et le bénéficiaire représente certainement un des points essentiel de ce processus de gestation des projets.

Les quelques photos ci-dessous datent de septembre 2018 et illustrent le paragraphe ci-dessus : le dossier est prêt. En Belgique on s’active à la recherche d’un partenaire financier, Au Sénégal, on doit rester confiant et patient….

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