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L’enseignement dans la commune Malem-Hodar

dimanche 10 mai 2009, par Papa Diop

Situé au centre du Sénégal dans la nouvelle région de Kaffrine, la localité de Malem Hodar est distante de la Capitale, Dakar de 300 kilomètres environ.

Ancien chef lieu d’un immense Arrondissement (plus de 4500 kilomètres carrés) et d’une vaste communauté rurale, la localité a connu depuis Juin dernier son nouveau statut de département .

Couvrant une superficie de 3.105,7 kilomètres carrés pour une population de 81.215 habitants éparpillées dans 181 villages. Depuis très longtemps, les populations juvéniles ont entamé leur scolarisation dans les structures traditionnelles de formation existantes. Il a fallu attendre 1953 pour que la première école française puisse prendre naissance dans une zone très islamisée. Cinq décennies après, un établissement de second degrés se chargera de la formation des jeunes au cycle moyen. Récemment en fin 2008, une toute nouvelle école fut installée pour allier les réalités du milieu et les exigences du moment : c’est l’école franco-arabe.

Structures traditionnelles de formation

Partie intégrante du Ndoucoumane, c’est-à-dire une ancienne entité politique historique du Sénégal, Malem Hodar est une zone très islamisée.

Dans tous les villages, existent des mosquées qui sont d’ailleurs les seuls édifices construits en dur dans la plupart des villages. En dehors des mosquée, l’essentiel de l’habitat est composé de cases construites de briques en terre battue et de chaume en paille.

La configuration de l’habitat caractérisée par des maisons en construction précaire et une mosquée bien construite en dur et qui surplombe tout, montre une réelle considération de l’Islam dans un village.

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Visite au Daara de Imindine

Pour pérenniser cette croyance religieuse, beaucoup d’écoles arabes traditionnelles se sont installées depuis très longtemps. Elles se chargent de former les jeunes scolarisables à la langue arabe pour mieux maîtriser le message du livre Saint des musulmans et des « hadis » du prophète Mahomet.

La particularité de ces écoles réside dans le fait qu’elles ne fonctionnent qu’après les récoltes c’est-à-dire de décembre à fin mai. Au-delà, élèves comme enseignants doivent reprendre le chemin des champs pour les récoltes. Elles sont privées et les parents doivent prendre en charge la rémunération des enseignants durant toute la période de la scolarisation. Malgré la conjoncture et les lourdes charges les parents envoient un grand nombre d’enfants dans ces écoles.

L’année dernière, 1.500 jeunes fréquentaient ces structures contre un total de 2.411 dans les structures formelles de Malem Hodar et ses environs. La plupart des enseignants arabes intervenant dans les écoles publiques sont issus de ces structures de formation.

A coté des écoles arabes, d’autres structures plus familiales du nom de « daara » contribuent considérablement à la formation des jeunes musulmans.

Contrairement aux écoles, ici les enfants sont confiés à un véritable connaisseur du Coran nommé Marabout ou « Serigne daara » qui les regroupe chez lui.

La formation tourne essentiellement sur la mémorisation du Coran et des sciences religieuses. L’apprenant est aussi initié au travail.

Il doit aller cultiver la terre pendant la saison des pluies, aller chercher du bois mort dans la brousse pour pouvoir assurer l’éclairage de l’enceinte où il devra mémoriser ses leçons du jour.

Cette méthode de formation est très en vogue dans la zone de Malem Hodar. Plus de 1.400 talibés (jeunes apprenants du daara) se sont éparpillés dans plusieurs dizaines de « daaras ».

La formation du jeune à ce niveau est entièrement gratuite pour les parents. Cependant l’enfant travaillera pour le compte de son marabout dans les champs. Certains marabouts dans certaines contrées demandent à leurs apprenants d’aller chercher de l’aumône. Ceci permettra de subvenir à certains besoins du maître.

La provenance des jeunes apprenants peut être très éloignée. L’enfant est souvent envoyé très loin de ses parents pour couper tout contact avec eux et ne les reverra qu’après une bonne maîtrise du Livre Saint, le Coran dans une période de quatre à huit ans. La survie de ces structures traditionnelles dans la zone de Malem Hodar a relativement bloqué la scolarisation formelle. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle, Malem Hodar affiche l’un des plus faibles taux brut de scolarisation dans la nouvelle région de Kaffrine : 38.52% contre une moyenne régionale de 48.42 %.

Les structures de formation modernes

Avec son nouveau statut de département, la communauté rurale cède sa place à la commune.

Sa carte scolaire est moins étendue que celle de la communauté rurale. En effet, contrairement à la carte scolaire de l’ancienne subdivision administrative qui regroupait 22 écoles élémentaires, un collège d’enseignement moyen et deux cases des tout-petits, la commune va hériter d’une école élémentaire, d’une école franco-arabe et d’un collège d’enseignement moyen (C.E.M).

L’école élémentaire Mor Ndiama Ka

Elle a été créée depuis 1953. Beaucoup de générations d’élèves y ont effectué leurs premières humanités. Sa croissance en terme de nombre d’élèves et d’enseignants est relativement lente.

Depuis sa mise en place, l’école fondamentale de Malem Hodar qui porte le nom d’une figure historique de la localité, Mor Ndiama KA, tarde toujours à frôler la barre des cinq cents élèves pendant plus d’un demi siècle d’existence.

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La faible évolution est inhérente à plusieurs facteurs.

  • La zone a été depuis belle lurette réfractaire à l’école occidentale qui croyait-on détournait l’Homme vers la déperdition surtout vers l’individualisme, l’égoïsme, la perte des valeurs religieuses...
  • L’éducation traditionnelle à travers les « daaras » et les écoles arabes privées ont ainsi imposé leur force et ont depuis très longtemps englouti une bonne partie de la tranche d’age juvénile.

Rares étaient les stratégies déployées pour pallier la traînée de la scolarisation dans la zone. Cet état de fait est à l’origine d’un très fort taux d’analphabétisme en langue française. Plus de 80% de la population reste dans le rang des illettrés et ignore l’utilité de l’école.

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Aujourd’hui, l’école Mor Ndiama KA accueille près de 470 étudiants sous la responsabilité d’un Directeur assisté de douze enseignants, craie à main dont deux dames et dix hommes.

C’est une école à cycle complet autrement dit tous les niveaux de l’enseignement primaire s’y retrouvent : du cour d’initiation (C.I) jusqu’au cour moyen II année (C.M.II)

La lecture de l’évolution des effectifs d’élèves montre une période assez favorable où l’établissement commence à voir doubler ses effectifs.

Cette période correspond à la dernière décennie. Beaucoup de partenaires locaux ont commencé à donner un coup de pouce à l’école en motivant les élèves par le système de parrainage, par la dotation de fourniture scolaire.

La VISION MONDIALE reste le partenaire le plus influant dans la zone de Malem Hodar. Son action se lit à travers la construction de salles de classe, action dans laquelle , elle a déboursé en 2008 plus d’une trente-cinq millions pour la construction de neuf salles de classes et l’achat d’équipement en tables-bancs pour un coût de près de neuf millions de francs C.F.A.

Plus d’un million cinq cent mille ont fait l’objet d’achat de fourniture scolaire par l’O.N.G pour permettre un démarrage rapide des cours en début d’année scolaire.

A ce niveau, il faut noter que beaucoup d’établissements souffrent d’énormes difficultés. La rentrée scolaire correspond à une période de vache maigre pour les parents. Les récoltes ne peuvent pas faire l’objet d’écoulement dans les « loumas » ou marchés hebdomadaires. Ainsi ni les frais d’inscription, ni les fournitures scolaires ne peuvent être honorés par les parents. L’Etat s’étant désengagé, les cours vont tarder à démarrer

D’autres partenaires gravitent autour de l’école comme l’asbl Malem-Auder, une association sans but lucratif sénégalo-belge qui intervient depuis deux ans dans la réfection d’un ancien bloc.

Le coût de la réfection se chiffre à plus de deux millions de francs CFA. Cette action a permis de doter l’établissement d’une salle de classe supplémentaire, d’une chambre du concierge, d’un magasin de stockage, d’une chambre de passage et d’un coin de bibliothèque.

L’ ASBL facilite une correspondance scolaire entre certaines classes de l’école fondamentale de l’Institut Saint Julien Parnasse et l’école Mor Ndiama Ka.

Quelques statistiques pour Mor Ndiama Ka

Données Nombre
Elèves 470
Tables bancs 135
Salles de classe 09
Salles en construction 02
Ordinateurs 00
Tables maîtres 03
Bureau directeur 01
Toilettes 01
Borne fontaine 01
Courant électrique indisponible
Terrain sport 00
Jardin scolaire indisponible
Boite pharmacie indisponible

Source : direction de l’école Mor Ndiama Ka

L’école franco arabe

Elle est une structure très récente dans la commune de Malem Hodar.

Sa naissance remonte en fin d’année 2008. L’école franco arabe vient répondre à une demande criante des populations. Elles ont toujours exprimé le souhait de disposer d’une structure qui se chargerait de scolariser leurs enfants en langue arabe et en langue française.

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L’école accueille les tout petits enfants âgés de six à sept ans. La création est vraiment improvisée car aucune salle n’a été construite pour accueillir ces enfants très fragiles.

Ainsi plus d’une centaine d’enfants sont concentrés dans un hangar que le vent pénètre très facilement de huit heures du matin à quatorze heures de l’après midi. L’école ne dispose d’aucun confort : pas de toilettes ni d’eau.

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Les enfants sont obligés de traverser la route pour aller satisfaire leurs besoins naturels

L’équipe pédagogique est composée de trois enseignants : deux enseignants en langue française dont une dame et l’enseignant arabe.

Le collège d’enseignement moyen (C.E.M) en pleine expansion

Malem Hodar avant octobre 2004 était l’un des rares arrondissements du Sénégal à ne pas abriter un C.E.M. L’inexistence d’établissement de second degré a valu à la communauté un grand nombre d’abandons du rang des élèves diplômés de la seule école élémentaire qui existait alors.

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Le CEM

En effet, ces jeunes étudiants étaient confrontés à un problème d’accueil dans les centres urbains comme Kaffrine, Koungueul, Kaolack... où ils devaient poursuivre leurs études loin des parents et sans soutien.

Bon nombre de jeunes ont été obligés de se retrouver en dehors des structures de scolarisation et de formation. Cette situation difficile pour des apprenants innocents et des parents en grand nombre illettrés sera atténuée en 2004.

L’Etat du Sénégal à travers ses services décentralisés décida d’implanter un C.E.M au cœur du Ndoucoumane pour assurer la continuité de la scolarisation de centaines de jeunes chez eux ; près de la famille ; loin du dépaysement et de la grande souffrance. Cette décision de l’Etat au mois d’octobre de l’année 2004 entrait dans le cadre de sa vaste politique contenue dans le programme décennal de l’éducation et de la formation (PDEF).

Un grand ouf de soulagement des populations se manifestait à toutes les occasions. Depuis lors l’enseignement se porte de mieux en mieux dans une zone où un grand rejet de l’école occidentale a été toujours de rigueur. Les structures de formation traditionnelle des daara assurent la formation d’un fort taux juvénile.

L’enceinte de l’établissement, le matin est gagné par les élèves. Avant huit heures ; ils restent devant les portes des classes.

L’école n’est pas clôturée. Les entrées sont multiples et les animaux partagent la cour de l’établissement avec les élèves.

Pendant les périodes de vents violents l’enseignant a toutes les difficultés à faire entendre son message aux apprenants à cause du bruit suscité par l’action du vent. Ces périodes sont très propices pour la prolifération de la pathologie comme le rhume.

Si les effectifs croissent d’une année à une autre c’est parce que plusieurs facteurs se sont combinés.

  • Les résultats du concours d’entrée en sixième se sont relevés dans les écoles élémentaires de la zone. En effet, les grands pourvoyeurs d’élèves du C.E.M sont incontestablement ces écoles élémentaires.
  • Depuis sa création, les élèves du niveau moyen originaires de Malem Hodar ont quitté leur établissement après une campagne de sensibilisation entreprise depuis la première année.
  • Les résultats obtenus à l’examen du Brevet de Fin d’Etude Moyen (B.F.E.M) par les deux premières promotions d’élèves (+50 % contre une moyenne nationale en deçà de 20 %) ont suscité une certaine ruée d’élèves vers le C.E..M par la formule de demande de transfert arrivés.
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Classe de 4ème (2008-2009)

Ainsi malgré les nombreux départs dues aux migrations des élèves admis au B.F.E.M et des cas de transferts départs, les effectifs ne cessent d’augmenter

Tableau d’évolution des effectifs du C.E.M de Malem Hodar

Années scolaires Effectif élèves Effectif Enseignants Effectif surveillants
Filles
2004/2005 16 33 49 03 00 01 00
2005/2006 50 115 165 05 01 01 00
2006/2007 63 172 235 08 02 01 00
2007/2008 103 193 296 09 02 01 01
2008/2009 115 238 353 09 02 01 01
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M. Maurice Sarr, principal du CEM

Les résultats au B.F.E.M de l’année dernière sont encore meilleurs car 53% des élèves avaient réussi à l’examen. Les bons résultats dans l’ensemble s’expliquent surtout par une équipe pédagogique jeune et dévouée coiffée par une administration attentive et très disponible.

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