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Emigration clandestine ou micro-crédit ?

samedi 28 juin 2008, par André Petithan

Thiaroye-sur-Mer, banlieue pauvre de Dakar. Les gens y vivent essentiellement de la pêche. Or, cette ressource traditionnelle du Sénégal est pillée par les bateaux occidentaux qui permettent d’alimenter nos supermarchés et nos congélateurs en poissons exotiques à bas prix mais au coût environnemental et humain dramatique.

C’est ce type de situation qui, depuis quelques années, pousse les pêcheurs sénégalais à s’aventurer de plus en plus loin en mer sur de fragiles pirogues de pêche. Si loin que la tentation est forte de continuer le voyage jusqu’aux Canaries voire plus loin. Et l’émigration clandestine est là...

En mars 2006, avec 80 autres jeunes de la région, le fils de Yayi Bayam Diouf embarque sur une de ces pirogues pour partir à la recherche de conditions meilleures de subsistance. C’est le drame. Naufrage. Aucun survivant. Drame humain mais aussi économique pour les familles dont ces jeunes forces disparaissent dans le « ventre de l’Atlantique ».

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Madame Diouf refuse que la mort de son fils et des autres jeunes ne serve à rien : elle fonde en 2006 le Collectif des femmes pour la lutte contre l’émigration clandestine qui rassemble 370 femmes ayant perdu un ou plusieurs enfants.

Son idée est simple : si les jeunes quittent le pays, c’est parce que ils ne trouvent pas de quoi subvenir à leurs besoins de base au pays. Donc il faut trouver les moyens d’assurer cette subsistance. Le Collectif crée alors un système de micro-crédit : chaque femme verse mensuellement 1000 FCFA (1,50 €). Grâce à ce petit capital, l’association peut pousser les jeunes à travailler au pays en micro-finançant de petits projets : semoule de couscous cuite, jus de gingembre, jus de mangue, transformation des poissons délaissés par les entreprises de pêche, ... Bref de quoi faire vivre des familles.

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Certes l’expérience du collectif est « artisanale » : pas de garant, pas de consultant et donc pas de reconnaissance car pour cela il faut de l’argent... Belle illustration de l’adage : « On ne ne prête qu’aux riches ! »

N’empêche, il s’agit là d’un changement radical : avant, c’étaient les femmes qui finançaient le départ. Maintenant, elles travaillent pour montrer aux jeunes qu’il est possible de subvenir aux besoins des siens en restant au Sénégal.

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Mme Diouf est invitée cette année en Belgique au festival Couleur Café 2008 dans le cadre des projets Solidarité.

Quelques liens sur les systèmes d’épargne et de crédit en Afrique :

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