Puits solaire à Bangadj

Le village de Bangadj fait partie de la commune de Dianke Souf, arrondissement de Sagna, département de Malem-Hodar.
Situé à environ 20 km au nord de Malem-Hodar, Bangadj est particulièrement enclavé et son accès est difficile.
La population est d’environ quatre cents habitants dont les principales ressources sont l’agriculture sous pluie et l’élevage. Par manque d’activités génératrices de revenus après la saison des pluies, les populations sont poussées à l’exode rural vers les zones urbaines. Le village est quasiment laissé à lui-même. On note la présence d‘une école composée de deux classes physiques dans laquelle les cours sont dispensés en français.

Le groupement bénéficiaire du projet, Takku liggey, est actuellement composé de vingt-sept femmes et trois hommes qui désirent se lancer dans la création d’activités génératrices de revenus pour un développement harmonieux.
Il est important de rappeler que, dans cette zone, le revenu moyen par jour et par habitant est d’environ 0,90 € ! (Source : FAYE, N.F., M. SALL, F. AFFHOLDER and F. GERARD (2019), « Inégalités de revenu en milieu rural dans le bassin arachidier du Sénégal », Papiers de Recherche AFD, n° 115, Octobre 2019)

L’expérience de notre association en matière de mise en place de périmètres maraîchers est maintenant importante et montre dans tous les villages associés des résultats positifs tant pour la génération d’activités que pour les revenus. Pour les femmes, il s’agit le plus souvent de leur premier revenu propre. L’agroécologie porte ses fruits et sa vulgarisation s’étend.

Malgré ces succès, l’accès à l’eau pose un problème tant par sa faible disponibilité lorsque qu’un forage moderne est présent que par son coût. Pourtant, dans de nombreux villages, d’anciens puits, encore fonctionnels mais fermés, existent et sont remis en services lors des pannes de forage par exemple.

Ces puits sont très profonds (entre 40 et 60 m dans la zone) mais chacun d’eux est à même de permettre l’irrigation d’une surface maraichère d’un hectare. Une récente expérience dans un village du même type a permis de constater qu’il était possible de booster de manière remarquable les revenus liés aux espaces maraîchers en facilitant l’accès à l’eau gratuite. Le village de Boulel a en effet bénéficié d’une installation « prototype » de pompes solaires qui a permis de fournir à un coût nul une eau de qualité suffisante pour les maraichages.

Il est évident que l’utilisation d’une eau pure, potable mais d’une disponibilité plus rare doit être évitée dans des maraîchages où une eau de moindre qualité est suffisante. Dans la région d’ailleurs, certains propriétaires de forages privés refusent que l’eau issue de ces forages soit utilisée pour d’autres besoins que les besoins humains.

Un contact avec la personne-ressource du village de Bangadj nous a permis de constater le dynamisme du groupement et sa volonté de progresser. Une petite activité maraîchère existe et le groupement a la volonté de la développer. De plus, à proximité immédiate du terrain se trouve un puits fonctionnel.

L’objectif général du projet est donc de développer les activités de maraichage, génératrices de revenus, en installant un espace maraîcher d’un demi-hectare avec un entrepôt en voûte nubienne, en équipant celui-ci et en réhabilitant le puits existant par la mise en place d’une pompe alimentée par des panneaux solaires.

Les activités maraîchères devront permettre au groupement d’obtenir des revenus à même d’améliorer les conditions de vie, particulièrement en termes de santé et d’éducation.

Nous visons 3 axes :

  • Formations

Formation en gestion et dynamique organisationnelle.
Formation en agroécologie.

  • Infrastructures

Sécurisation du périmètre par grillage doublé de haie vive.
Construction d’un entrepôt en voûte nubienne.
Réhabilitation d’un puits par pose d’une pompe à énergie solaire.
Construction de bassins de rétention d’eau.

  • Equipements

Fourniture du matériel de maraîchage nécessaire.
Fourniture des semences pour démarrage du périmètre.

Différents partenariats sont envisagés, notamment avec “Ingénieur sans Frontières”.

Une première demande, couronnée de succès a été déposée auprès de la cellule Solidarité Internationale de Woluwe St-Lambert afin de pouvoir sécuriser le terrain.

Quelques images de Bangadj et de l’état actuel des lieux.

 

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